mardi 21 juillet 2015

Ces 4 derniers jours, Lampang et sa région.

 Après mon étape magnifique je reprends la route pour revenir vers Chiang Mai. Mon GPS fait ce qu'il peut, mais c'est moins bien. Je commence par une longue portion de grand route que j'avale rapidement, en mode sportif, le nez dans le guidon. Et je m'approche de la ville en traversant une banlieue chic. Grosses villas, parcs gardés d'habitations luxueuses, grosses voitures... Pas des plus intéressants, et comme il pleut je ne fais aucune photo. Je traverse aussi un patelin où l'activité principale est la fabrication artisanale de fausses antiquités. Il y a de très belles choses malgré tout mais rien qui soit d'une dimension compatible avec les sacoches de Grimp'tout. J'aime particulièrement quelques sculptures en tek, dont des éléphants de tailles réelles que je verrais bien dans le jardin... Mais comment le ramener en Belgique, les frais de port doivent être énormes. J'arrive à  Chiang Mai où je passe une soirée calme.

Le lendemain je prends le train vers Lampang, une ville dont la description dans mon guide me fait envie. Malgré la pluie, les paysages traversés sont magnifiques les villages aussi. Je m'arrêterais bien à toutes les gares. 

 
La ville de Lampang est effectivement magnifique, j'y arrive en début de soirée et je vais faire une longue balade à pied au marché nocturne. Ambiance sympathique, de tous les goûts, de toutes les odeurs. 






Le lendemain, je décide de ne pas prendre le vélo mais de faire une longue promenade en ville pour visiter quelques lieux sympathiques. La ville a été riche et garde des traces du temps de sa splendeur, j'apprécie particulièrement quelques belles maisons en bois dont l'une d'entre elles, construite par des nobles à la fin du XIXe est transformée en un musée présentant des objets de la vie de tous les jours et de magnifiques meubles.  



Bien sur, je visite aussi quelques jolis temples. 



Certains semblent rouler encore plus chargés que moi, ici probablement un recycleur. 


Et en parlant de recyclage, ici les vieux pneus de voiture sont transformés en pots de fleurs ou en sandales. 


Et encore un petit tour en ville...




Le soir, je retourne au marché mais je me couche assez tôt. Le lendemain je pars à vélo pour visiter deux temples dans les campagnes avoisinantes. Il pleut à verse. Il y a donc peu de photos qui rendent très mal la splendeur des bâtiments. 

Au Wat Phra That Lampang, il reste quelques peintures anciennes dans un très beau temple de bois. Un des plus jolis que j'ai vu. 




Au second temple, connu pour ces 12 Chedis blancs, les moines fabriquent un baume fort prisé pour ses effets relaxants. Je demande à en acheter, mais le moine qui parle quelques mots de français est tellement heureux de pouvoir communiquer avec moi qu'il m'offre un tube. Je ne parviens pas à lui faire comprendre que je le remercie vivement pour ce cadeau mais que j'aimerais acheter plus d'un tube. 

 

Le soir je tombe dans un guet à pintes avec un couple de hippies australiens. Sacrée descente les vieux! Je me couche "fatigué".

Ce matin j'ai repris le train pour Phitsanulok d'où je pédalerai demain jusque Noen Maprang afin de rendre visite à un ancien collègue de salle des profs qui s'est établi ici depuis sa retraite de l'enseignement. Ce sera probablement ma dernière étape sérieuse avec des bagages. 

Bonne nuit... Il est tard ici.  





 

jeudi 16 juillet 2015

60 km de pur bonheur

Il y a des journées comme ça qui valent tout un voyage. Celle-ci en est une. J'ai passé une mauvaise nuit, j'ai mal dormi, et je démarre donc une fois de plus au diesel. Ce n'est que vers midi que je prends enfin la route. Dès le départ mon capteur de fréquence cardiaque refuse de fonctionner, en soit ce n'est pas grave, mais ça m'énerve un peu. Ce n'est pas que cette information soit indispensable mais j'ai tellement l'habitude de l'avoir que ça m'ennuie. Heureusement je ne suis plus en haute montagne.

La pluie dès le départ, ne m'ennuie même pas, elle ne va pas durer, je suis sur mon nuage et je profite. Mon GPS se met en mode "génial" il ne m'emmène que par des petites routes à travers les villages, les champs et les vergers. Je roule lentement, j'en prends plein la vue. 





 C'est la saison où les paysans récoltent les brins de riz dans les pépinières pour les replanter dans les champs où elles vont pouvoir se développer. Je m'arrête près de quelques paysans au travail. Je ne comprends pas le moindre mot de ce qu'ils me disent, mais par gestes, ils m'expliquent ce qu'ils font. De vieux restes d'agronomie me permettent de comprendre l'essentiel. Et bien sûr la conversation compréhensible se résume à des échanges nombreux de sourires. Mais que d'humanité dans ces échanges, que d'émotions fortes. 




Je profite intensément de ce moment d'échanges limités par la parole mais tellement riches par ailleurs. Que je fasse des photos ne semble pas les déranger, que du contraire, ils rient, ils s'amusent et font quelques grimaces.  


Que d'instants de bonheur partagés.... 




Je passe vraiment de bons moments.... Je reprends ma route, presque à regrets. 



Les petites routes suivent les petites routes. Alors que je m'arrête devant un temple en ruine, une passante qui parle un peu anglais me demande comment il est possible que je connaisse ce petit chemin. Mon GPS est un génie! Je profite encore....




Et les rencontres, éphémères, sympathiques se poursuivent. Cette dame âgée dans une épicerie se prépare une chique... Elle y met plein de choses que je ne connais pas, des herbes puis encore des herbes.... Je ne goutte pas. Mais je tourne une vidéo que je partagerai peut être à mon retour. La dame prend un plaisir manifeste à voir les images que je lui montre.... Et encore des sourires et des mots incompréhensibles. 


En route je visite encore quelques temples... Certains, en bois sont vraiment beaux, d'autres plus quelconques. Je ne prends pas assez de photos. Comme souvent quand je suis à vélo. 


Et la route se poursuit à travers les campagne, sans forcer, juste regarder, en prendre plein les yeux, plein le cœur....



Et après 60 km de bonheur, j'arrive dans un petit hôtel en pleine campagne, pas le moindre restaurant à l'horizon et je n'ai pas envie de reprendre le vélo pour rentrer de nuit. C'est vraiment trop dangereux. Mon souper consiste donc en quelques bières et encore quelques rencontres.

Le bar est à 200m de l'hôtel, je vais évidement y rentrer à pied, sauf que ça ne va pas être possible. Les gens du coin se disputent presque pour pouvoir me reconduire à moto. Je parcours donc ces 200 longs mètres sur une vieille mob chinoise déglinguée.  

Demain je reprends la route vers Chiang Mai d'où je prendrai le train vers Lampang, une ville que mon guide me donne envie de voir, en espérant que mon GPS soit toujours en mode "génial" 

Mais quelle bonne journée dont je ne parviens pas à transcrire par écrit tous les moments de bonheurs. 

A bientôt 



mardi 14 juillet 2015

Doi Inthanon, point culminant de la Thaïlande. Où même la descente est difficile.

Atteindre à vélo le sommet de Doi Inthanon, 2565m, est le vrai défi sportif de ce voyage. J'ai pris hier une journée de repos pour soigner un peu ma plaie et attaquer cette montée avec des jambes fraîches. Sur le papier c'est assez simple, 40km environ d'ascension pour 2500m de dénivelée. Ça nous donne une moyenne de 6,25%, jusque là rien d'extraordinaire, c'est long mais pas trop difficile. A bien regarder le profil, il semble fort irrégulier avec des passages en faux-plat et d'autres plus raides. Le hollandais que j'ai rencontré la semaine passée m'a d'ailleurs informé que les 9 derniers km étaient terribles. Mais terrible pour un hollandais, ça veut dire quoi? 


Quoi qu'il en soit, je décide de me lever tôt et de partir rapidement. Je déjeune copieusement d'œufs sur du pain et de riz accompagnés d'un mauvais café. J'ai choisi de partir léger. Le minimum dans ma sacoche, une veste de pluie et un pull pour le sommet où la température est annoncée autour des 20 degrés ce qui est très froid pour la région. Bien sûr j'emporte des réserves de flotte, quelques sachets "d'électrolytes" à mettre dans l'eau et quelques biscuits à grignoter en route. J'espère pouvoir faire "le plein" à mi montée. Vers 8h, je suis en route. L'ascension commence par deux courtes rampes un peu raides, qui laissent rapidement place à un long faux-plat en guise d'échauffement. J'entre dans le parc national où je paie un droit d'entrée "étranger" nettement plus cher que celui des locaux 300 baths  contre 50. C'est cher pour la région avec ce prix là on peut déjà faire 2 ou 3 bons repas. Qu'importe. 

Grimp'Tout avale le faux-plat sans broncher, mon genou ne fait pas mal, je roule doucement pour économiser des forces. Il fait chaud, déjà je suis trempé d'une sueur qui ne s'évapore pas, l'humidité de l'air avoisinant les 100%.



Après quelques 10 bornes les choses sérieuses commencent, les pourcentages augmentent et il n'est pas rare que pendant parfois plus d'un km ma montre n'indique aucune pente inférieure à 14%. C'est dur, mais j'avance bien. 


Vers le 25eme km, la faim commence à se faire sentir et toujours pas le moindre restaurant en vue, mais surtout je commence à avoir quelques crampes. Aie, non pas déjà, pas maintenant. J'ai fais l'erreur de ne boire que de l'eau pure sur le début de l'ascension et de ne pas avoir encore utilisé de sachet "d'électrolytes", je pense que je commence à manquer un peu de sodium et de potassium. Je décide de m'arrêter devant une petite échoppe pour faire le plein d'eau, grignoter quelques biscuits et boire deux bidons de solution saline. Je me charge de 3 litres d'eau, je crains de ne plus en trouver plus haut, enfin de l'eau potable je veux dire, par ce que les nuages me font penser qu'en matière de flotte je risque d'être servi. Un petit km plus loin je trouve le seul restaurant de la montée, si je veux arriver au bout, il s'agit de manger un repas sérieux, je commande du poulet aux noix de cajoux pas trop épicé, ça change de mes habitudes mais je ne veux pas risquer de douleurs intestinales et je fais une exception sur le piquant. Je repars plein d'énergie et les muscles un peu refroidis, heureusement parce que les pentes ne vont faire qu'empirer jusqu'à l'approche du sommet. Les crampes ont disparu. Ouf! 

La végétation change doucement, on voit apparaître les premiers conifères, les lichens et mousses se font abondants, les plantes épiphytes aussi. C'est magnifique, de splendides papillons géants viennent butiner les fleurs, je regrette de ne pas disposer du matériel adéquat pour les photographier correctement, mais en voyage à vélo il n'est pas possible d'emporter 5kg de boîtier et objectifs. Je croise aussi quelques splendides coléoptères, scolopendres, cloportes géants...


Une dizaines de km avant le somment, je passe le contrôle de billet d'entrée et j'entre dans la partie la plus dure, l'altitude approche les 2000m et les pentes sont terribles. 12% ça va, 14 ça devient dur, 16 c'est épouvantable, 18 ou 20 c'est inhumain. J'avance doucement, faisant quelques pauses pour récupérer ou photographier les paysages. 


Les locaux et les touristes thaïs qui montent à moto ou en voiture m'encouragent pour la plupart, il y en a même qui s'arrêtent pour m'applaudir ou vérifier que tout va bien. Je m'acharne, parfois sur de courtes portions je dois pousser le vélo, mes jambes fatiguent et 20% à 2200m d'altitude c'est au delà de mes possibilités sur de longues étapes, même avec les développements très courts de Grimp'Tout qui pèse quand même ses 21kg avec la sacoche. 

Le sommet lui joue avec les nuages. 


Nuages qui d'ailleurs se font tout doucement menaçants.


 4km avant le but, l'orage arrive. Une vraie pluie, drue et froide. En quelques secondes je me mets à grelotter. La fatigue, sans doute mais j'ai froid, j'enfile rapidement ma veste et je reprends la route pour me réchauffer. L'approche du sommet, peut être aussi la pluie, me redonnent un nouvel élan. Et c'est fatigué mais content que j'arrive au point culminant de la Thaïlande. J'ai le sentiment que c'est une des plus dures ascensions, si ce n'est la plus dure de celles que j'ai faites. Les conditions météo certes n'aident pas! Et pourtant des cols, des côtes, des sommets, en 20 ans de cyclogrimpisme, j'en ai monté des pas tristes. Mais celui-ci vaut pour 10!  


Maintenant il va falloir descendre, avant que la pluie n'arrive je me faisais une fête d'une belle descente rapide. Mais le changement de conditions climatiques change complètement la donne. La route est rendue glissante, les freins sont moins efficaces. Quand à la visibilité elle est réduite à sa plus simple expression, on ne voit pas à 20 mètres. Le seul avantage de cette drache abondante, c'est qu'elle refroidit les jantes de Grimp'Tout et que même si je freine beaucoup je ne risque pas de voir mon pneu atteindre de trop hautes températures ce qui pourrait provoquer un éclatement. Merci j'ai vécu ça en Irlande, pas spécialement mon meilleur souvenir même si j'avais évité la chute. 

Si les pourcentages élevés ont fait mal aux jambes à la montée, ils rendent la descente vraiment difficile.  Je suis constamment sur les freins tentant d'éviter de prendre trop de vitesse, ou de contrôler les dérapages de ma roue arrière. Heureusement je suis bon descendeur et Grimp'Tout est le plus fiable des vélos à ce type d'exercice. Il n'empêche que c'est avec soulagement que j'atteins le pied de la descente non sans m'être arrêté une dernière fois dans une échoppe pour boire un coup. J'y rencontre cette femme qui fume un truc étrange. 


Ce soir j'écris ce récit au son des batraciens qui s'en donnent à cœur joie après la journée de pluie. Demain sera une journée de repos, ma montre GPS de sport me conseille 43 heures de récupération avant la prochaine activité sportive.  

Au bilan de la journée 81,88km pour une dénivelée de 2354m. 4180kCal consommées sur le vélo. 12 litres d'eau bus. Vitesse moyenne de 11,35km/h, 5,25 pour la montée uniquement. 7 heures et 12 minutes de vélo pour un total de 9h de route. 

A bientôt. 

dimanche 12 juillet 2015

En route vers le pied de Doi Inthanon



Je suis parti ce matin tout à mon aise de Lamphun pour rejoindre un hôtel que j'ai réservé au pied du point culminant de la Thaïlande, Doi Inthanon. Les premiers km ne sont pas les plus sympathiques de ma vie. Je longe une grand route où les voitures et quelques camions roulent vite. Je roule sur la bande d'arrêt (pas forcément) d'urgence. Attentif, prudent. 25 bornes à ce rythme ce n'est pas ce que je préfère. 


Heureusement les automobilistes, dans l'ensemble, sont plutôt prudents et rares sont les véhicules qui me frôlent. 

Après 25 bornes environ, je quitte enfin la grand route pour en prendre des plus petites à travers les villages, je préfère ça. Les paysages sont ruraux et sympathiques, je roule à mon aise. 


Il semble que malgré la mousson, la Thaïlande subisse un période de sécheresse. La végétation n'est pas aussi florissante qu'elle devrait l'être en saison des pluies. Je dois être un des seuls à ne pas vraiment m'en plaindre.  


Sur la route les voitures dont assez rare, mais celles qui passent sont rapides. Après la grand route, j'ai un peu trop relâché mon attention, à force de rouler le plus à gauche possible, je finis par prendre la roue avant dans le bord de la route. Bardaf, c'est l'embardée! 

Voilà plus de 10 ans que ce ne m'était plus arrivé, je chute. Heureusement je ne roule pas trop vite. Je me relève, je n'ai qu'une belle écorchure au genou. Rien de grave. J'inspecte Grimp'tout, la selle et le guidon ne sont plus trop dans l'axe, les sacoches se sont décrochées mais apparement pas de dégâts. Ouf! Je remets tout en place et je redémarre. Idéalement il faudrait nettoyer et désinfecter la plaie. Au premier village je m'arrête devant une épicerie. 


Je sors ma pharmacie des sacoches. Zut, j'ai oublié de prendre un désinfectant. Je n'ai avec moi que de l'alcoolgel. Je nettoie ma plaie à l'eau puis je la désinfecte avec ce que j'ai. Aie!!! Ça fait plus mal que la chute elle même, et ça fait beaucoup rire l'épicier. 

Ma plaie propre je reprends la route, j'ai quelques contusions sans gravité, tout va bien même si ma cuisse est un peu douloureuse. Je longe de nombreuses rizières et j'avance sans forcer. 

 
Doi Inthanon, au loin, joue avec les nuages, son sommet est presque en permanence invisible. Des nuages se développent abondemment. Je crains quelques pluies pour la fin d'étape. 


Ma cuisse me fait un peu souffrir mais rien qui empêche ma progression. Dans une petite ville j'achète un désinfectant sans alcool, ça fera moins mal. 



La pluie attendue arrive, je suis à quelques km de mon objectif de la journée. Elle fait presque du bien par cette chaleur, j'ai bu environ un demi litre par demi heure, j'approche des 5 litres d'eau sur la journée, il faut ça. 


Après presque 70km de route j'arrive à l'hôtel fatigué mais content de mon étape. 

Demain, quand je m'éveillerai, je ferai le bilan de mes contusions. On verra si ce sera une journée de repos ou l'ascension du géant en aller retour sans bagages. L'hôtel est sympathique même si c'est le plus cher de ceux que j'ai eu jusque là. En pleine campagne, où seul le bruit des insectes et oiseaux se fait entendre. 

A demain ou plus tard pour les prochaines étapes....